Interviews

Retrouvez ici les interviews des acteurs du programme :

Interview de Pierre Simon, Vice-président du département du Doubs en charge de l’insertion et du tourisme

Trois questions posées à Pierre Simon, Vice-président du département du Doubs en charge de l’insertion et du tourisme. Mai 2018

Un tiers des projets actuellement programmés sont portés, côté français, par des structures implantées dans le département du Doubs. Comment expliquez-vous ce dynamisme ?

Sur les 22 projets en question, la moitié a été déposée par les trois Etablissements publics d’enseignement supérieur et de recherche présents sur notre territoire. Le Doubs est le département de l’Arc Jurassien qui propose l’offre universitaire et de recherche la plus diversifiée (ex : santé, micro mécanique, préservation et l’aménagement des espaces, etc.). Ce qui multiplie les projets et les coopérations économiques et académiques. Le Doubs peut s’appuyer également sur un patrimoine humain et naturel reconnu bien au-delà de ses frontières, et largement partagé avec la Suisse, pour développer des projets de valorisation touristique fédérateurs comme sur le thème du sel avec la Saline d’Arc et Senans.

Le département du Doubs partage 170 km de frontière commune avec la Suisse. Quelles opportunités le programme Interreg représente-t-il afin de valoriser cet atout ?

C’est en effet le Doubs qui possède la plus longue frontière avec la Suisse. Cette séparation se matérialise à la fois physiquement dans sa géographie de reliefs, de cours d’eau et de forêts, mais aussi au travers des espaces de vie et d’activités divisés entre les deux Etats. Le programme Interreg constitue alors un outil indispensable pour établir du lien et rapprocher les hommes tout en contribuant à préserver et à mettre en valeur ce paysage caractéristique. Ainsi, dans ces conditions, plus la frontière est longue, plus les contraintes et leurs complexités représentent des opportunités de projets pour tirer parti de la frontière ou d’en réduire les impacts selon l’intérêt du territoire.

Quels sont vos conseils pour réussir un projet de partenariat franco-suisse ?

Différents éléments sont gages de réussite d’un projet :

A partir d’un besoin partagé, l’identification et le choix des partenaires compétents de part et d’autre de la frontière est déterminant. En effet, il apparait qu’un montage administratif et technique n’est pas toujours suffisant. Ainsi, un portage politique du projet est essentiel. Le volet financier n’arrive qu’en dernier.

Apprenons à développer le « vivre ensemble » autour de cette entité, ayons le réflexe, la curiosité d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté… c’est en cela qu’Interreg est un outil important pour nos territoires.

Pour conclure, je dirai qu’« un bon projet trouve toujours les moyens financiers pour se concrétiser

Interview de Pierre Alain Schnegg, Conseiller d’Etat du Canton de Berne, partenaire institutionnel du programme

Trois questions posées à Pierre Alain Schegg, Conseiller d’Etat du Canton de Berne. Novembre 2017

Sans frontière commune avec la France, comment le canton de Berne s’implique-t-il dans la mise en œuvre du programme de coopération Interreg France-Suisse ?

Dans le domaine de la coopération transfrontalière franco-suisse au travers du programme Interreg France-Suisse, ce ne sont pas tant les frontières géographiques qui comptent que les liens étroits existant entre les entreprises et les institutions présentes dans le Jura bernois et leurs partenaires français. Les collaborations transfrontalières entre le Jura bernois et la France voisine sont étonnamment nombreuses et denses malgré l’absence d’une frontière géographique commune. Par exemple, la coopération franco-suisse est très présente dans le domaine de l’économie, du tourisme, de la formation et de la recherche et de l’agriculture au sens large. Par l’intermédiaire du programme Interreg France-Suisse, le canton de Berne apporte ainsi un soutien subsidiaire mais bienvenu à tous les acteurs régionaux qui font vivre la coopération transfrontalière entre le canton de Berne et les territoires frontaliers français.

Le canton participe financièrement à une douzaine de projets Interreg France-Suisse. Quels sont les éléments prioritaires en matière de développement régional ?

Il est clair que les projets Interreg France-Suisse qui permettent de vivifier et de renforcer l’attrait du Jura bernois en particulier et de l’Arc jurassien franco-suisse en général ont les faveurs de la Promotion économique du canton de Berne. A ce titre, le domaine de l’innovation industrielle est particulièrement important pour le canton en regard de l’importance de ce secteur dans le Jura bernois. Mais tous les projets Interreg France-Suisse qui visent à développer des solutions innovantes, que ce soit dans le domaine de l’industrie, du tourisme ou de l’agriculture ont des chances d’obtenir un financement. L’implication des acteurs régionaux et les bénéfices attendus pour le territoire sont déterminants dans la sélection des projets. Les porteurs de projet doivent ainsi être en mesure de démontrer un impact concret pour la région lors du dépôt de leur demande.

Quels sont vos conseils pour réussir un projet de partenariat franco-suisse ?

Le montage d’un projet dans le cadre du programme Interreg France-Suisse ne doit pas être une fin en soi mais bien le moyen de parvenir ensemble à des objectifs qui n’auraient pas été atteignables séparément. Le but doit être de capitaliser sur les compétences complémentaires des partenaires du projet de part et d’autre de la frontière. Un bon projet Interreg permet des synergies et sait utiliser à bon escient les compétences spécifiques des partenaires français et suisses. Pour réussir un bon projet Interreg France-Suisse, il ne faut pas perdre de vue cet élément-là pendant la phase de montage du projet qui peut être longue et difficile.

Interview de Mme Duby-Muller, vice-présidente du Conseil départemental de Haute-Savoie, partenaire du programme

Trois questions posées à Mme Duby-Muller, vice-présidente du Conseil départemental de Haute-Savoie. Mai 2017

Comment le conseil départemental accompagne-t-il les projets pour le montage et le suivi des projets?

Le Département de la Haute-Savoie intervient en matière d’accompagnement des porteurs de projet européens, qu’ils soient transfrontaliers ou régionaux. C’est le service des affaires régionales, européennes et de la coopération transfrontalière, composé d’une dizaine de personnes,  qui assure l’accompagnement et le suivi des porteurs de projets européens. Concrètement, le Département accompagne les porteurs dans toutes les phases du montage et de la réalisation des projets, notamment pour la recherche de partenaires et la mise en réseau. De plus, le Département cofinance de nombreux projets dès lors qu’ils s’inscrivent dans le champ des politiques départementales (Espaces Naturels Sensibles, Plan Tourisme, etc). Enfin, plus généralement, le Département de la Haute-Savoie a un rôle important en matière de sensibilisation aux fonds européens par l’organisation régulière de réunions d’information et par l’animation du réseau Europe local.

Quels conseils donnez-vous aux porteurs de projet pour réussir un partenariat franco-suisse?

Il ne faut pas négliger la phase de montage du projet, qui nécessite en général plus de 6 mois de préparation. Il est conseillé aux porteurs de projets de se rapprocher, très en amont, des services en charge des affaires européennes de leur territoire et des secrétariats conjoints du programme afin qu’ils bénéficient de leur expertise et de leurs conseils. Il faut aussi être conscient que bien que nous parlions la même langue entre la France et la Suisse romande, il existe parfois des organisations et des habitudes de travail différentes. Il est donc nécessaire de prendre le temps de se connaître en amont afin que le projet se déroule sereinement. Il faut aussi s’assurer que la volonté de réaliser le projet est aussi forte d’un côté de la frontière que de l’autre. La plus-value transfrontalière dans les actions projetées doit aussi être réelle et évidente. Il ne s’agit pas de compiler deux projets indépendants mais bien de co-construire une stratégie et des actions avec les partenaires.

Avec 28% des bénéficiaires du FEDER du programme, la Haute-Savoie est l’un des territoires les plus dynamiques. Comment l’expliquez-vous?

Il y a une culture ancienne de la coopération en Haute-Savoie. De par notre histoire et les enjeux actuels transfrontaliers, nous sommes habitués à regarder au-delà des frontières, que ce soit vers la Suisse ou l’Italie. Nous avons également la chance d’avoir en Haute-Savoie une multitude d’acteurs dynamiques dans tous les domaines couverts par le programme : la recherche, l’innovation, la culture, l’environnement ou les transports par exemple. De plus,  je suis convaincue que la politique d’accompagnement du Département de la Haute-Savoie a un réel effet levier auprès des porteurs. Enfin, il ne faut pas oublier les instances de coopération transfrontalières du Bassin Lémanique parallèles au programme Interreg, comme le Conseil du Léman, qui permettent d’amorcer des dynamiques d’échanges qui peuvent faire émerger par la suite des projets Interreg France-Suisse.

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